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samedi 22 septembre 2012

Ceux qui sortent de terre



On les dit à profil bien qu'ils se tiennent bien en face.
On médit le profit de les voir remplir tout l'espace.
Ils n'ont pas l'art dans les manières ni les manières de l'art,
c'est qu'ils doivent vivre dard-dard lardés des messages
d'un monde de modèles immondes dont on les inonde.
Ils n'ont pas eu tous les codes ni n'encodent tout l'abécédaire,
pour cause ils décodent sans logique, à marcher aux pieds des lettres.
Ils feraient perdre la boule avec leurs mille casquettes,
dont ils se parent pour parer les roulés-boulés
pour masquer les facettes grises et argentées
de leur bouille en bouillie estampillée d'étiquettes.
Ils n'ont jamais vu la mer, les pieds ancrés dans la terre,
ils n'ont que l'air de la cité dans laquelle ils sont cloisonnés
et respirent les cahiers, les bagnoles brûlés, et l'éther.
Ils aspirent à sentir le sel des beaux quartiers
et les parfums sucrés des grandes surfaces
où ils viennent chercher les griffes dégriffées
et racler sur les baies leurs visages baffés.
Ils ne s'arrêtent pas à la barrière,
ils soufflent sur les bronches et les frontières
et se taillent comme ils peuvent des murs
pour protéger du dehors leurs engelures.
Ils sont nés brut et sans coffre-fort,
dans un couffin rude où les fées ont oublié le réconfort,
sans rentrer plus dans les moules où les autres les placent.
Loin des cousins rouges, ils ne savent pas lever les bras,
ne connaissent pas les coussins du ciel mais la loi de l'étroit.

Les enfants de terre luttent peut-être à l'abstraction,
pourtant, il faut leur rendre, forcent l'attraction.
  
  

lundi 30 avril 2012

Calibrage : réédition : Celui qui porte & - Peinture -





Celui qui porte


la bataille sous son chapeau ne le quitte que rarement. Il voit les couleurs du monde par le mélange de sa palette. Il prend le monde et sa beauté à travers un objectif, car il connait derrière le glacé sa misère et sa rudesse. Il sait faire chatoyer les clairs et les obscurs, rendre lumineux les ternes et les gris. Sur le tableau dérisoire de son visage, il cache la touche de révolte qui le travaille, et œuvre en art pour colorer son monde. Il a porté le trop plein et conquiert le débordement, le goûte comme à ses vingt ans, pigmenté de l'expérience du presque sage.
Ainsi, il voit comme il peint et vit comme il peine, il compose le rire, et s'il donne peut-être à sourire, à connaître, il fait grandir.


Ma reconnaissance et mes amitiés au peintre et ami Joël Verkempinck



vendredi 6 avril 2012

Celui qui garde

un pied dans chaque ville est souvent pris pour un traine-savate. Ce n'est pas qu'il traine le pas, ses pieds en sortent de ses souliers. La première fois aperçu, jeune, il se couvrait de ce chien noir, au ras du seuil sans soleil. La seconde fois aperçu, étudiant, il se découvrait et tendait sa casquette, comme une panse à emplir pour son chie fauve. Nous avons taillé sa vodka, et siffler mon tabac, en discutant de la dernière saison. « Je vais remonter, dit-il, pour la terminer, à l'hiver, redescendrait, il y a une bergerie là-haut. ». La dernière fois aperçu, apprenti, c'était encore ailleurs. Il causait à l'ancien, comme si c'était le sien. L'autre méfiant, n'y montrait pas les dents. Il connait chaque route, chaque porte des villes. S'il a la voix qui porte, il porte le labeur avec honneur. Et s'il n'a pas l'honneur du travail régulier, le jour lui suffit. Je le recroiserais, frappé de sa meute, les traits marqués de la terre et de la lumière. Il fera ses grands gestes, mais le vent ne cache pas les rayons de son or. Il se penchera sur le chien, puis verra à demain.



Par traits

mardi 6 mars 2012

Celui qui porte

la bataille sous son chapeau ne le quitte que rarement. Il voit les couleurs du monde par le mélange de sa palette. Il prend le monde et sa beauté à travers un objectif, car il connait derrière le glacé sa misère et sa rudesse. Il sait faire chatoyer les clairs et les obscurs, rendre lumineux les ternes et les gris. Sur le tableau dérisoire de son visage, il cache la touche de révolte qui le travaille, et œuvre en art pour colorer son monde. Il a porté le trop plein et conquiert le débordement, le goûte comme à ses vingt ans, pigmenté de l'expérience du presque sage.
Ainsi, il voit comme il peint et vit comme il peine, il compose le rire, et s'il donne peut-être à sourire, à connaître, il fait grandir.

vendredi 24 février 2012

Celui qui brandit

l'enfance comme un fer de lance, dit qu'il n'en veut pas. Pourtant, ils représentent son pain, son rire, son attendri.
Sous ses allures de Pan, il rassemble autour de lui toute une bande d'adultes perdus mais pas paumés, prêts à jouer les apaches au premier chant du coq. Toute une bande de grands enfants qu'il parvient à essouffler.
Sous les masques qu'il adore et arbore, il dissimule l'importance de son humanité et joue la comédie comme un tragédien. C'est solennel, le rire. C'est sa tragédie, le rire.
Il ne prête pas son oreille, il te la donne, sans manquer de moquer bienveillant que tu portes alors trois oreilles. Puis il t'ouvrira la porte de cette façade qui cache un nombre insoupçonné de pièces magiques.
Mais là où il ne joue plus, paradoxalement, c'est sur scène. Il transporte l'autre dans ses cordes. C'est sérieux, la guitare. C'est sa maxime, la guitare.
Dans le fond, pour beaucoup, celui qui ne veut pas grandir, a peut-être le dévouement d'un frère, et qu'il le veuille ou non, a surtout la grandeur d'un père.

vendredi 10 février 2012

Celle qui reflète


    Empreinte les reflets des demeures adorées. Elle brille sans concéder à la lumière, effarant parfois les fenêtres. Elle porte sur elle les heures du jour et les humeurs d'amour. Sans emphase, sa féminité voile, maternelle, son berceau, soutenu par deux colonnes faussement enfantines que drapent des tissus taillés dans des nappes de repas du dimanche.
    Elle est l'empreinte du palpable du songe vécu. Elle reflète les facettes du miroir de mes personnes. Sans son teint pour m'y mirer, sans son teint où se heurtent et prennent consistance les parts de l'existence, l'écho de mon vide se renvoie de parois en parois. Pas plus de bon que de mauvais, elle permet à chacun des moi d'être, les tendant à devenir.
    Elle est la sortie des écumes, des brumes, et l'entrée des bois et le faîte du labeur des parfums. Devenir son miroir tour à tour, nous nous reconnaissons, sombres et scintillements, maturation et déliquescence. Celle qui reflète est l'essence de l'aube et de son cheminement.