lundi 30 septembre 2013

Text-urée # 2




 
dans la bouche les dents comme des bornes où ne pas s'arrêter
les cellules se délitent mortes se dépiautent ce qui mord de vie
grêle et veines apparents s'échappent en réchappent fixement
s'arrêter à si peu
s'arrêter d'autant pour suivre du doigt enfoncer profondément
le poing dans l'entaille du visage la main jusqu'aux entrailles
suivre du doigt fouiller fouailler la dépose
il n'y a rien à voir
à fleur de pierre à feuille de peau crête à gravir dire en silence
il ne reste rien qui ne soit millénaire
toucher les graines suivre les nervures en dedans et en dehors
s'ensuivre les grains  toucher les nerfs en dedans et au dehors

comment s'accompagne
               comme on s'accompagne
 

 

Chemins battus




Le matin circule, emprunte les chemins, il est là.


Chemins Battus                                                                                                                Morgan Riet


il fait plaisir,
ça fait plaisir


dimanche 29 septembre 2013

Text-urée # 1



dépose comme au fond d'une boîte sans couvercle ni fond

luxuriance d'avant mort les branches si chargées tombent et
                                                                                          baignent
vertes dessus noires décomposées à la surface de la mare noire
il n'y a rien à voir dessous
la boîte sans fond ne retient et ça se sauve dessus dessous
la boîte noire ne retient rien et ça se suave dessus dessous
il n'y a rien qui ne se vaille que sur le coup tendu passe déjà
les branches sont si chargées que ça baigne dans la bouche
une sensation ferrugineuse sur les dents de la langue feuille
il n'y a rien à voir dessus
séparer c'est articuler comme prendre chacune des particules

décompose les nervures et les nerfs sans couvercle ni fond


l'automne effeuille
                           sa parole


 

vendredi 27 septembre 2013

De l'urgence à



Ils sont trop
ils sont trop nombreux

à vouloir remplir

la mer vide
les mots c'est la mer

ils sont trop à vouloir remplir
tout n'importe quoi

des espaces des lignes des pages des cases des livrets colonnes mastiquées de geste d'air d'encre de merde

ils sont trop nombreux à vouloir emplir se gonfler s'engoncer dans ce qui leur paraît toujours trop petit à ce qui ne leur paraît pas à leur dimension ils ont besoin c'est effréné remplir et remplir encore se sur-dimensionner

aller voir la mer

se ressentir petit
ressentir sa taille
se ressentir

ne garder que
n'être que
être

la mer vide
les mots c'est la mer

ne plus toucher terre
                        perdre
                                   pied


à la mer se vide les canaux rivières les fleuves les cours les pétroliers et les paquebots

les mots devraient servir à vider et non à remplir remplir REMPLIR ENCORE ENCORE ENCORE


Ta gueule connard !

                                                voilà trois mots, remplis-toi



les mots c'est la mer
la mer vide


je dois voir la mer


Des bagages



 
Il avait commencé à se préparer très tôt à la route
sans même le savoir encore, un instinct animal
dans sa croissance humanoïde
il n'avait pas lu ce qui s'écrit ni cru ce qui se dit
pourtant il savait déjà s'équiper et le balluchon.
Un immense mètre carré de bouloches synthétiques
deux kinders discounts dans leur papier aluminé
un opinel à la lame d'automne émoussé
une boîte d'allumettes de cuisine soigneusement
reconstituée par des prélèvements journaliers
deux bouts de ficelles et un bandana rouge vif
comme portait Renaud, plus trois paquets de gâteaux
sur la tête un chapeau de cow-boy
sur le dos sa cape de Zorro et son chapeau
de cow-boy taille 53 il traversait les pâtures
derrière chez lui se réfugier à l'autre bout du monde
à l'ombre dans les bosquets du bocage.
Il avait commencé très tôt à se départir
de la famille à partir de sa famille des repas
de famille des cérémonies de famille puis à ne même
plus partir de car ne partait plus à aux pour sans
infinitif et point. Le privilège de se garder seul.
Il gardait le secret des jardins sans routes à couper
à travers champs droit jusque dans les bois
préparer le corps à la marche la longue marche
parce qu'inconsciemment il avait commencé
à se préparer très tôt à la route améliorer le paquetage.
Puis il a suivi la route encore tracée rentré dans les clous
puis à chercher du regard l'horizon
alors qu'il avait réussi
à n'avoir plus rien qu'à tailler la route l'horizon
il l'a croisée s'est décidé pour
une route verticale.


 

jeudi 26 septembre 2013

Des hommes sables



 
Hommes sable
peau de grains

arène amarrée
nouvel animisme

déminéralisé
nombre agglutiné

les uns les autres
enfoncés engoncés

quelques-uns
à rouler aux

larmes de mer
- les vagues -

voient
et le trouble

ci-fait
 

mercredi 25 septembre 2013

De l'étagère




 
ne pas vouloir
à demeure
longtemps cru
enclin à l'étagère
comme un livre incliné
celui prêt à choir
détaché
prêt du hachoir
à s'effacer
juste le lointain

vite cesser
de monter
des châteaux de sable
plutôt grimper
les dunes
donner du large
aux yeux
saisi vite
la marée
glissement de
terre et liens

on aimerait parfois
être un beau livre
serré chaudement
dans sa couverture
l'intérieur
serait bien peu
important
juste savoir
se poser


 

mardi 24 septembre 2013

Du spiralaire



 
causes du désespoir

désespoir de cause

                     à ce qui défait
restent le jeu
                     des effets


lundi 23 septembre 2013

Programme de nuit



 
il s'est endormi sur le final
de Blanche-Neige et mon épaule
à deux, trois est le milieu de la nuit
la grande aiguille contracte son corps
pour une minute cuvette
puis se rendort deux trois
coups de balai pour chasser
la poussière de sommeil
un autre ballet délaie le précédent
la biche les nains la sorcière
demain ce matin on s'raconte
un autre conte de fée
où le héros s'appelle docteur