vendredi 6 avril 2012

Celui qui garde

un pied dans chaque ville est souvent pris pour un traine-savate. Ce n'est pas qu'il traine le pas, ses pieds en sortent de ses souliers. La première fois aperçu, jeune, il se couvrait de ce chien noir, au ras du seuil sans soleil. La seconde fois aperçu, étudiant, il se découvrait et tendait sa casquette, comme une panse à emplir pour son chie fauve. Nous avons taillé sa vodka, et siffler mon tabac, en discutant de la dernière saison. « Je vais remonter, dit-il, pour la terminer, à l'hiver, redescendrait, il y a une bergerie là-haut. ». La dernière fois aperçu, apprenti, c'était encore ailleurs. Il causait à l'ancien, comme si c'était le sien. L'autre méfiant, n'y montrait pas les dents. Il connait chaque route, chaque porte des villes. S'il a la voix qui porte, il porte le labeur avec honneur. Et s'il n'a pas l'honneur du travail régulier, le jour lui suffit. Je le recroiserais, frappé de sa meute, les traits marqués de la terre et de la lumière. Il fera ses grands gestes, mais le vent ne cache pas les rayons de son or. Il se penchera sur le chien, puis verra à demain.



Par traits

5 commentaires:

  1. C’est lui..
    là, est cet inconnu
    qui ne fait que passer
    Il n’a pas voulu d’attache
    jure chaque jour de commencer une vie
    meilleure
    sans compromis
    Ce qu’il a perdu il ne le cherche plus
    Ce qu’il a perdu n’existe plus
    Il est encore temps
    il essaie de
    sentir
    pourra-t-il jamais renoncer
    renier tout cela
    jusqu’à l’élégance
    du chemin

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    1. (encore une mise en page qui saute...)

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  2. il achète sa liberté
    au prix dru de la rue
    marche en crête avec fierté
    danse sur le pavé nu
    que pourrait-il renier
    lui qui n'a rien
    et n'a pas l'envie d'envier
    que la vie des chiens


    (et oui, dans les commentaires, pas de mise en page possible)

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  3. renier la route
    partagée au jour
    le bout du sentier
    en sourire en coin
    envier la rencontre
    le possible lendemain
    la trace la griffe
    du chien
    au chemin

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  4. ainsi empli des métiers d'avant
    des métiers savants, compagnons,
    ainsi empli des vins et des gens
    celui qui vint conter sa chanson
    au coin des routes
    à qui l'écoute

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