jeudi 3 décembre 2015

Mouche, pour voir




n'attendre
il n'y a pas à reconnaître
à peine un miroir
d'une gêne propre
dès lors
il n'y a ni sympathie
ni symptôme

la terre se mouche dans le ciel
et le filament tire


 

mercredi 2 décembre 2015

Du déstockage massif




les compter sur les doigts
les garder dans le creux
comme des coeurs
sur la main ses sourires
honnêtes sa chaleur
honnête d'enfant qui
déborde gratuitement
dans le dedans



lundi 30 novembre 2015

La petite fille aux yeux d'huître




la petite fille aux yeux d'huître avait des paupières coquille
elle regardait passer les yeux ainsi écarquillé presque équarri sur la plage des jours l'aller-venir des grains
les gens au passage pointaient son regard sis morve fixé sous son fard opale et bleuté sans ciller de ci voir
la petite fille voyait sans dire mais jour après jour l'ire une silice alourdissait une perle au coin de ses yeux
alors elle ferme les yeux de temps en temps pour contempler le monde nacré qu'elle ne peut pas pleurer




jeudi 19 novembre 2015

Et au milieu coule...




          D'aucuns sont prompts à se penser élément naturel et vital, de croire qu'il suffit, et pis, est nécessaire, d’apporter de l'eau au moulin. Leur contribution coule « de source », ce, vivants depuis (trop ?) longtemps le regard restreint aux bords de leur rivière. Les mêmes se persuadent qu'en plaine il suffit de brasser de l'air pour donner à la roue l'énergie de sa mécanique. Ils produisent en fin de compte encore moins que le vent, lequel ont-ils aussi la prétention de supplanter, tout en attisant d'eau et d'air le feu des fours qui n'a rien à brûler.
          Là l'eau, le vent, des positions enviables semblent-elles peu coûteuses, sans parler du meunier... Car d'aucuns nombreux tous nous tous ou presque sommes confortablement prompts à se débarrasser de, à oublier que la raison d'un moulin est son grain et que pour lui se cultive des compréhensions et des intelligences demandant plus que l'enthousiasme d'abstractions.



 

mercredi 11 novembre 2015

A moins que




elle est-elle moins là moins ce là celle ne dit-elle moins que qu'elle ne dit plus de rien d'assorti des notions de sortie le moindre à dire le moindre que de dire elle serait-elle encore cela t-elle encore là
au moins ça




mardi 10 novembre 2015

C'est le matin que l'on grandit aussi chez Lucien








          A compter de ce mardi et ce chaque mardi jusqu'à épuisement et satiété, C'est le matin que l'on grandit paraît sous forme de feuilleton sur le site SILO, dadactilographié par le poète punkformeur Lucien Suel.

          Je pourrai rajouter un grand nombre de qualifivalises laudatifs à propos de Lucien, mais on aura compris les grandes estime et amitié dans lesquelles je le tiens (pauvre de lui !).


          C'est le matin que l'on grandit, leporello plaquette auto-éditée en 2013, toujours disponible sur commande.


























samedi 7 novembre 2015

Tomber la nuit




ça commence par les feuilles des arbres tombent aussi la nuit avec la peau morte de la mémoire
glisse comme la poussière sous le tapis bruisse comme une voix dans une voix posée dans une voix où s'étouffe la version originale
ça commence par les feuilles des arbres tombent aussi la nuit mais ne sait encore vraiment ce ou qui finit
juste là que s'ensommeille



 

dimanche 25 octobre 2015

De la mise au pier







je te répondrai le silence
je te répondrai l'absence
je t’ôterai mon inertie
il n'y aurait que l'enveloppe
il n'y aura que tu crois
que le pier du pire

on ne saurait la prépotence
de ce qui avale
de ce qui l'aval ceux
la substrance

ci-inclinée sur l'horizon
la main les membres pris dans le
qui rugueusement absorbé l'autre

tu comprendrais-tu alors
pourquoi
les rochers
sur la gréve

qu'on ne leur en veut pas

de parfois érafler
la foule des pieds


sur la base de la version De la mise à pied (juin 2015),
l'impulsion involontaire de Jean-François Dalle
& la photographie de Toshihiro Okada




jeudi 22 octobre 2015

Des couteaux tirés #2




Nous avons-nous des lames à l’œil une façon d'écrire comme un pas de côté une façon de vivre comme un peu de côté un peu du bas du côté une façon de mal-façon sans toutes les manières une contre-façon quotidienne le façonnement fasciné du ciselé du morcellement arraché remâché chaque matin une mort aux dents à se recomposer cahun par côté une contre-façon du matin